La violence contre les élus est un phénomène social qui a pris une ampleur sans précédent depuis plusieurs années. Ce phénomène n’est certes pas inédit dans l’histoire politique française. La violence contre les représentants politiques est certainement presque aussi ancienne que l’invention du gouvernement représentatif. Mais elle a pendant longtemps été l’œuvre de personnes avec des revendications politiques marquées (ex : attentats anarchistes à la fin du 19e siècle contre la Chambre des députés et le Président de la République).
Aux violences idéologiques contre les élus et, plus généralement, les gouvernants, se sont ajoutées des violences politiques ordinaires, alimentée par une haine à l’égard des élites politiques, amplifiées par les médias sociaux et la désinformation, dont le nombre a augmenté, en particulier depuis le mouvement des Gilets Jaunes et la crise sanitaire. En effet, les observateurs du phénomène soulignent qu’on assiste depuis 2018 à une recrudescence de la violence contre les personnalités politiques, caractérisée par une augmentation des agressions physiques, des menaces et de la haine en ligne envers des élus, aux niveaux local et national.
L’accident mortel du maire de Signes en 2019, la gifle contre le Président de la République en 2021, l’incendie du domicile du maire de Saint-Brévin-les-Pins en 2023, la voiture bélier enflammée contre le domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses en 2023 et la violente l’agression du maire de Villeneuve-de-Marc et de sa famille en 2025 sont les exemples les plus flagrants de violence contre des personnalités politiques. Si ces affaires ont été très médiatisées, elles ne sont que la partie émergée de l’iceberg : des milliers de personnalités politiques sont menacées, harcelées et agressées, en personne ou en ligne.
La violence contre les élus est un phénomène qui atteste non seulement une remise en cause brutale de la légitimité de l’autorité publique mais aussi un ébranlement du fonctionnement de la démocratie. Si la science politique et la sociologie politique se sont saisies du phénomène pour tenter de le décrypter, les sciences juridiques le délaissent, voire l’ignorent.
Cette journée d’études entend montrer que les juristes, tant publicistes que pénalistes, peuvent apporter une analyse utile, voire même indispensable, sur la violence contre les élus. En d’autres termes, il s’agira de mettre en lumière l'intérêt d'aborder ce phénomène par une conjugaison d’approches juridiques qui, à terme, ont vocation à compléter les analyses sociologiques et politiques.
- Entrée libre et gratuite
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