La quête de lucre fait référence à une étiologie économique de la délinquance, plus particulièrement tournée vers la recherche du profit indépendamment de toute logique liée à un déficit de socialisation (explication classique de la délinquance commune).
La délinquance lucrative concernerait ainsi plutôt les "upper-classes". Toutefois, la délinquance des élites peine à se constituer en objet criminologique pour diverses raisons : participation au processus législatif, habilités sociales, mise en place de stratégies complexes et astucieuses (évitement du pénal, montages juridico-financiers). Ainsi, les données sont difficilement accessibles et la criminologie a peu investi ce champ.
La quête du lucre pourtant, constitue un levier explicatif intéressant, dans un contexte sociétal de globalisation et de dérégulation portées par un néo-capitalisme encore insuffisamment maîtrisé. Surtout, ce dernier aspect met en lumière la porosité entre élites licites et élites illicites, porosité due au développement d’une "bourgeoisie mafieuse" pouvant aller jusqu’à mettre en péril les démocraties libérales (corruption, narco-trafic, atteintes à l’environnement). Au delà des ressorts psycho-sociaux et culturels de cette forme de délinquance, de nouveaux outils sociaux de détection émergent, à la fois humains (journalisme d’investigation, vigilance citoyenne) et technologiques (surveillance bancaire algorithmique, IA).
- Programme à venir